NOTES

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(1) Anne Roche, « L'auto(bio)graphie » in Cahiers Georges Perec, n° 1, 1985.

(2) La notion a notamment été utilisée par Michel Sirvent (« Blanc, coupe, énigme, "auto(bio)graphies", W ou le souvenir d'enfance de Georges Perec » in Littérature, n° 98, mai 1995) et par Stella Béhar (Georges Perec : écrire pour ne pas dire, New York, Peter Lang, 1995)

(3) Bernard Magné fait un bilan de ses recherches sur ce thème dans « Le métatextuel perecquien revisité », Un cabinet d'amateur, juillet 2002 [version en ligne].

(4) Philippe Lejeune, La mémoire et l'oblique. Georges Perec autobiographe, Paris, P.O.L, 1991, p. 92.

(5) Cette approche générique repose sur les travaux de Jean-Yves Tadié (Le roman d'aventures, Paris, P.U.F., 1982) et de Philippe Lejeune (Le pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975).

(6) L'édition de référence de ce travail est : Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance, Paris, Gallimard (L'imaginaire), 1993 (1ère éd. : 1975).

(7) Dans la dédicace « Pour E », outre une personne véritable, la voyelle destinataire peut aussi se comprendre comme un homonyme du pronom personnel et, plus largement, comme la lettre initiale du verbe être.

(8) Nous utiliserons les cinq modes de relation entre les textes tels que les a définis Gérard Genette dans Palimpsestes, Paris, Seuil, 1982.

(9) On pourrait ajouter la dédicace « Pour E »qui fait de W une sorte de réparation morale à la voyelle escamotée dans La disparition.

(10) Sur l'importance des documents graphiques dans l'élaboration de W, voir l'article de Cécile de Bary : « Les dessins dans la genèse de W ou le souvenir d'enfance », Un cabinet d'amateur, août 2000 [version en ligne].

(11) La question de l'hypertextualité interne dans W a été méthodiquement explorée par Bernard Magné qui lui a donné le nom de « suture » (« Les sutures dans W ou le souvenir d'enfance », Cahiers Georges Perec, n° 2, 1988).

(12) Cette importance de la transtextualité dans W est soulignée par le titre d'" Intertexte " initialement choisi pour la partie retraçant la genèse du livre, ainsi que l'a révélé Philippe Lejeune (op. cit., p. 128-129).

(13) Peut-être y a-t-il aussi une incitation à faire écrire dans W ?
Incitation à écrire W avec Perec, puisque la structure du livre rappelle les « oeuvres en mouvement » dans lesquelles le lecteur participe matériellement à l'oeuvre (Umberto Eco, L'oeuvre ouverte, Paris, Seuil, 1965, p. 25). Incitation à écrire un commentaire sur W, puisque il s'agit d'une « oeuvre ouverte » qui nécessite un véritable travail interprétatif. (U. Eco, op. cit., p. 17). Incitation à s'écrire grâce à W, puisque la présentation didactique des mécanismes de l'écriture de soi fait de W un manuel de l'autobiographe : L'écriture de ma vie, mode d'emploi.

(14) Cette « pudeur » de l'autobiographe a notamment été soulignée par Philippe Lejeune, pour qui « la vraie pudeur [de Perec] est [...] celle des sentiments. La délicatesse qui interdit de les mettre en scène, de livrer au public qui on aime ou qui on a aimé. » (op. cit., p. 40).

(15) Cette mise a distance radicale du sujet justifie le terme d'« auto(bio)graphie » déjà mentionné. Stella Béhar écrit ainsi : « Dans cette entreprise scripturale, il ne s'agit pas pour lui d'affirmer son moi par le logos, mais plutôt de l'inscrire par une écriture oblique dans le texte. » (op. cit., p. 202).

(16) Perec s'est lui-même explicitement réclamé d'une forme de réalisme. A la question de Franck Venaille : « Alors, est-ce qu'à partir de là on peut en dire que tu es un écrivain réaliste ? », il répond sans ambages : « Oui. Je le revendique. » (« Le travail de la mémoire », Je suis né, Paris, Hachette, 1990, p. 90).

(17) Cette forme d'inscription paradoxale dans le réel a été mise en lumière par de nombreux travaux. Leslie Hill indique que « Pour Perec, écrivain réaliste, la représentation de la réalité fait nécessairement partie de la réalité elle-même » (« Perec à Warwick » in Parcours Perec, Lyon, P.U.L., 1990, p. 27).
Pour Philippe Lejeune, W ne se contente pas du topos de la critique de l'entreprise autobiographique, visant en fait à l'authentifier, mais c'est une véritable « autobiographie critique » qui étend et applique ce principe à l'oeuvre entière (op. cit., p. 74).