- 1
- Georges Perec, Entretien radiophonique avec Gérard-Julien
Salvy (« Démarches », 12 janvier
1980), cité dans Andrée Chauvin, Hans Hartje, Véronique
Larrivé et Ian Monk, « Le « Cahier
des charges » d'Un cabinet d'amateur »,
L'OEil d'abord...Georges Perec et la peinture, Cahiers
Georges Perec, n° 6, Seuil, 1996, p. 137.
- 2
- Gérard Genette, Palimpsestes. La Littérature
au second degré, Seuil, coll. « Points »,
1992, p. 13.
- 3
- Georges Perec, Entretien avec Gérard-Julien Salvy,
loc. cit. Sur la genèse d'Un cabinet d'amateur,
voir également Sylvie Rosienski-Pellerin, PERECgrinations
ludiques, Toronto, Gref, 1995, chap. IV, et Manet Van
Montfrans, Georges Perec. La Contrainte du réel,
Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1999, chap. IX, qui montre l'importance
dans la genèse du texte du « relais »
représenté par le tableau réel Le Cabinet
d'amateur de Corneille van der Geest lors de la visite des Archiducs
du peintre anversois Guillaume Van Haecht.
- 4
- Pour le détail des emprunts, voir les tableaux synoptiques
présentés par Sylvie Rosienski-Pellerin et Andrée
Chauvin et alii, op. cit. On ajoutera que,
le cas échéant, « le transfert exploite
(...) moins la diégèse explicite de La Vie
mode d'emploi que les mécanismes producteurs de la
contrainte et leurs matériaux de base », en
particulier en ce qui concerne les impli-citations. (Andrée
Chauvin et alii, op. cit., p. 154.)
- 5
- Georges Perec, « A propos de la description »,
dans Espace et Représentation. Actes du colloque d'Albi
(20--24 mars 1981), éditions de la Villette, 1982,
p. 342.
- 6
- Sur le temps suspendu de La Vie mode d'emploi, voir
la quatrième partie de la thèse de Julien Roumette,
Le Temps mode d'emploi. Problématiques et écriture
du temps dans les romans de Georges Perec, université
Paris VII, 1999.
- 7
- Georges Perec, Un cabinet d'amateur. Histoire d'un tableau,
Balland, 1979, repris par Le Livre de poche, 1988, p. 3.
- 8
- Voir Leon Battista Alberti, De la peinture (1435),
traduction de Jean-Louis Schefer, Macula, 1992.
- 9
- Sur l'importance de la peinture dans La Vie mode d'emploi,
et en particulier sa fonction d'« intégrateur
de contraintes », voir Bernard Magné, « Lavis
mode d'emploi », Cahiers Georges Perec, n° 1,
POL, 1985 (notamment p. 235) et « Peinturécriture »,
Perecollages 1981--1988, Toulouse, Presses Universitaires
du Mirail, 1989.
- 10
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 33--34.
- 11
- Loc. cit.
- 12
- Op. cit., p. 35.
- 13
- Georges Perec, Entretien avec Gérard-Julien Salvy,
loc. cit. L'exclusion du genre du roman est formulée
de manière on ne peut plus claire par l'épitexte
auctorial.
- 14
- Je me permets de renvoyer sur ce point à mon article
« Amours et naufrages : Contrainte et romanesque
dans La Vie mode d'emploi », Formules,
n° 6, 2002.
- 15
- Voir Northrop Frye, The Secular Scripture. A Study of
the Structure of Romance, Cambridge/Londres, Harvard University
Press, 1976.
- 16
- Georges Perec, La Vie mode d'emploi, Le Livre de
poche, 1990, p. 157.
- 17
- Sur le « puzzle temporel » de La
Vie mode d'emploi, voir le premier chapitre de la quatrième
partie de la thèse de Julien Roumette, op. cit.
- 18
- Georges Perec, W ou le Souvenir d'enfance, Gallimard,
coll. « L'Imaginaire », 1993, p. 93--94.
- 19
- Georges Perec, « La Chose » (1967),
Magazine littéraire, n° 316, décembre
1993, p. 62.
- 20
- Perec a insisté dans la conférence déjà
citée sur l'inscription précise de son texte dans
cette collection : « Ça correspond à
ce type de récit qu'il y a dans cette collection (...). »
(Georges Perec, Entretien avec Gérard-Julien Salvy, loc.
cit.)
- 21
- Loc. cit.
- 22
- Voir Dominique Quélen et Jean-Christophe Rebejkow,
« Un cabinet d'amateur : le Lecteur
ébloui », Cahiers Georges Perec, n° 6,
op. cit., p. 179.
- 23
- Ibid., p. 183.
- 24
- Voir Philippe Hamon, Du descriptif, Hachette, 1993,
p. 66--83.
- 25
- Projet descriptif et suspension temporelle vont cependant
de pair dans « Still Life/Style Leaf »
(L'Infra-ordinaire, Seuil, 1989), où la structure
du texte inverse la successivité introduite par le jeu
des variantes. Voir Bernard Magné, « Bout à
bout tabou : About « Still Life/Style Leaf »,
dans Mireille Ribière (éditeur), Parcours Perec,
Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1990, p. 101--102.
- 26
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 16.
- 27
- Op. cit., p. 31--32.
- 28
- Op. cit., p. 98.
- 29
- Op. cit., p. 11. On ajoutera que cette manière
de caractériser les commentaires des critiques par le
nom du valet de Phileas Fogg dans Le Tour du monde
en quatre-vingts jours constitue également un écho
à l'épigraphe vernienne d'Un cabinet d'amateur
(empruntée à Vingt mille lieues sous les mers).
- 30
- Lorsque le texte détaille précisément
ces variations, ainsi des trois premières copies de L'Énigme
de François Boucher (p. 118--119), le lecteur ne
peut que constater qu'elles sont tout sauf « minuscules » :
« ce tableau (...) montre trois petites filles vêtues
« à la moscovite » formant une ronde
autour d'un jeune homme. (...) La première copie reproduit
strictement le modèle, à cette exception près
que le jeune homme y est un squelette armé d'une faux.
Dans la seconde copie, le même décor reçoit,
non pas trois enfants, mais sept (...) ; quant à
la troisième copie, elle représente un autre tableau
de Boucher, La Fête champêtre, une pastorale
(...). » Je comprendrai cette dissimulation mensongère
de la variation, qui met en avant la continuité tout en
produisant de fortes ruptures, comme une figuration métatextuelle
de la dialectique de l'appropriation qui caractérise de
manière similaire la pratique de l'emprunt, où
le texte perecquien s'assimile, par exemple en les « modifiant
légèrement » (voir le «post-scriptum»
de La Vie mode d'emploi), des citations par définition
prélevées ailleurs.
- 31
- Anne Roche, « Ceci n'est pas un trompe-l'oeil »,
Sociologie du Sud-Est, Aix-en-Provence, n° 35--36,
1983, p. 189. La première évocation des «variations
minuscules» entre les copies est d'ailleurs narrativisée
par des formes verbales qui désignent une transformation
dans le temps : « un joueur de luth devenait
joueur de flûte », « trois hommes
sur une petite route de campagne passaient d'un embonpoint frisant
l'obésité à une sveltesse presque inquiétante »
(Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 27).
- 32
- Aristote, La Poétique, édition de
Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, Seuil, 1980, p. 231--232.
- 33
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 125.
- 34
- Op. cit., p. 42.
- 35
- L'attention longuement portée à un objet simplement
mentionné dans le roman source passe toutefois par une
amplification spectaculaire de ses premiers éléments
de décor : la « barque » et
le « bateau à voiles » de La
Vie mode d'emploi (p. 52) deviennent dans Un cabinet
d'amateur (dans le même ordre) « des péniches
chargées de gravillon » et « un
magnifique bateau de plaisance » (p. 44, probable
avatar du yacht de Bartlebooth [chapitre LIII, p. 313]).
- 36
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 42--43.
- 37
- Op. cit., p. 46.
- 38
- D'un point de vue intertextuel, l'adjectif vient de La
Vie mode d'emploi, où il qualifie un paysage peint
par Marguerite Winckler sur « l'à-plat d'émail
d'une chevalière » (p. 309) : la
description d'Un cabinet d'amateur est en effet constituée
de nombreux emprunts au chapitre LIII de La Vie mode
d'emploi, qui raconte l'histoire des Winckler (voir Andrée
Chauvin et alii, op. cit., p. 139). L'« énigme »
de ces décors pour « charades animées »
(p. 45) est donc intertextuelle.
- 39
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 45
et 46.
- 40
- Op. cit., p. 42.
- 41
- La Vie mode d'emploi, op. cit., p. 52.
- 42
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 44--45.
- 43
- Georges Perec, Entretien avec Gérard-Julien Salvy,
loc. cit.
- 44
- Sur la perte d'évidence de la grande forme romanesque
dans la deuxième moitié du XXe siècle, je
renverrai à nouveau à mon article « Amours
et naufrages : Contrainte et romanesque dans La Vie
mode d'emploi », op. cit.
- 45
- Voir par exemple Catherine Ballestero, «Un cabinet
d'amateur ou le « Testament artistique »
de Georges Perec », Cahiers Georges Perec,
n. 6, op. cit.
- 46
- Voir Bernard Magné, «« 53 jours »,
pour lecteurs chevronnés... », Études
littéraires, université Laval, Québec,
vol. 23, n° 1--2, été-automne 1990.
- 47
- Voir sur ce point Andrée Chauvin et alii,
op. cit., en particulier p. 140. Voir aussi Catherine
Ballestero, op. cit., p. 170--171, qui montre que
la relation incertaine entre le nom et l'identité personnelle
de certains peintres réels peut rendre compte de leur
mention dans Un cabinet d'amateur.
- 48
- Voir Jean-François Jeandillou, « La Définition
des noms propres dans Les Mots croisés de Perec »,
dans Martine Léonard et Élisabeth Nardout-Lafarge
(éditeurs), Le Texte et le Nom, Montréal,
éditions XYZ, 1996.
- 49
- Le texte est décrit par Perec comme le « premier
roman à peu près abouti qu['il] parvin[t] à
écrire : il s'appela d'abord « Gaspard
pas mort », puis « Le Condottiere » ;
dans la version finale, le héros, Gaspard Winckler, est
un faussaire de génie qui ne parvient pas à fabriquer
un Antonello de Messine et qui est amené, à la
suite de cet échec, à assassiner son commanditaire. »
(Georges Perec, W ou le Souvenir d'enfance, op.
cit., p. 142.)
- 50
- Voir notamment Marie-Françoise Melmoux-Montaubin,
Le Roman d'art dans la seconde moitié du XIXe siècle,
Klincksieck, 1999. Je me contenterai ici de citer quelques titres :
Le Chef-d'oeuvre inconnu et L'OEuvre pour le
roman d'artiste ; Le Cousin Pons, Bouvard et
Pécuchet et À rebours pour le roman
du collectionneur. Sur l'histoire romanesque de la figure du
collectionneur, voir Bernard Vouilloux, « Le Discours
sur la collection », Romantisme, n° 112,
2001, p. 100--101.
- 51
- Le catalogue, dont la liste constitue la «cellule nucléaire»,
apparaît en effet comme la « forme idéal-typique
du discours sur la collection » dans la mesure où
il est « structuralement homologue de la juxtaposition
spatiale et du déploiement tabulaire, synoptique en quoi
consiste une collection d'objets. » (Bernard Vouilloux,
« Le Discours sur la collection », op.
cit., p. 103 et 101.)
- 52
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 21.
- 53
- Op. cit., p. 37.
- 54
- Bernard Vouilloux, « Le Discours sur la collection »,
op. cit., p. 100.
- 55
- Sur le « faux et le manque comme attributs du
collectionneur », voir Tiphaine Samoyault, « Le
Collectionneur », Le Cabinet d'amateur, n° 6,
décembre 1997, p. 95--99. Pour une lecture « intime »
d'Un cabinet d'amateur, qui met au jour l'« encryptage »
de la séparation d'avec la mère dans l'histoire
de la collection, voir Manet Van Montfrans, op. cit.,
p. 309 et 368. J'ajouterai l'importance de ce point de vue
du terme même de cabinet : dans la description
de Saint Jérôme dans son cabinet de travail
incluse dans Espèces d'espaces, le « cabinet »
du saint définit la sphère privée de l'« espace
domestiqué » qui s'oppose aussi bien à
l'« inhabitable » de la transcendance religieuse
qu'à l'inhabitable historique des camps (évoqués
dans la section suivante du livre). (Georges Perec, Espèces
d'espaces, Galilée, 1974, p. 118.) Le « cabinet
d'amateur », en ce sens, réunit autour du collectionneur
le monde ordonné et rassurant de sa collection.
- 56
- Voir Philippe Hamon, Imageries. Littérature et
image au XIXe siècle, José Corti, 2001, p.102--106,
et Annie Mavrakis, « Le Roman du peintre »,
Poétique, n. 116, 1998, p. 428--438,
qui montre que le « roman du peintre »
permet de penser ensemble l'« échec du peintre »,
la « gloire de la peinture » et les « limites
de la littérature ». Sur la valeur métatextuelle
de la peinture dans l'oeuvre de Perec, voir Bernard Magné,
« Peinturécriture », op. cit.,
p. 217 en particulier.
- 57
- Honoré de Balzac, « Pierre Grassou »
(1839), La Comédie humaine, Seuil, coll. « L'Intégrale »,
tome II, 1965, p. 337 et 342.
- 58
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 102--103.
- 59
- Sur l'iconoclasme de Perec, voir Claude Burgelin, Les
Parties de dominos chez Monsieur Lefèvre. Perec avec Freud,
Perec contre Freud, Saulxures, Circé, 1996, p. 129--157.
- 60
- Georges Perec, « La Chose », op.
cit.
- 61
- Georges Perec, « Le Travail de la mémoire
(entretien avec Frank Venaille) », Je suis né,
Seuil, 1990, p. 88.
- 62
- Sur l'importance de la photographie pour l'écriture
de Perec et les modalités de sa présence dans l'oeuvre,
voir mon article « Perec : une poétique
de la photographie », Le Cabinet d'amateur sur
Internet, http://www.cabinetperec.org, mis en ligne
en mars 2001.
- 63
- Un cabinet d'amateur, op. cit., p. 125.
- 64
- Je rejoins sur ce point les conclusions de la thèse
de Julien Roumette : « Ce qui est ainsi figuré
et mis en abyme dans le roman par le chapitre LI, c'est
le rêve même de Perec d'une oeuvre qui soit un lieu
stable qui échappe au temps, perpétuel horizon
de son écriture. (...) De ce point de vue, la phrase « Je
cherche en même temps l'éternel et l'éphémère »
[Les Revenentes, Julliard, 1972, p. 114, puis La
Vie mode d'emploi, op. cit., p. 596] peut
également se lire comme l'expression de ce qui a été
l'ambition de l'écrivain : trouver par l'écriture
les moyens de suspendre le temps, de créer un lieu
--- le livre, l'oeuvre --- aussi ambigu soit-il, qui échappe
même provisoirement au passage du temps et à la
menace de destruction et de mort qu'il contient. »
(Julien Roumette, op. cit., p. 815.)
- 65
- Georges Perec, Préface à L'OEil ébloui,
photographies de Cuchi White, Chêne, 1981, n. p.
- 66
- Espèces d'espaces, op. cit., p. 123.
- 67
- Georges Perec, « L'Éternité »,
dans Emmanuel Hocquard, Tout le monde se ressemble. Une anthologie
de poésie contemporaine, POL, 1995, p. 118.
- 68
- Op. cit., p. 117.
- 69
- Op. cit., p. 119.